Qu'est-ce que la mentalisation? les thérapies basées sur la mentalisation ou TBM.

Publié dans Psy en ligne par le

La mentalisation, définitions et explications.

La mentalisation
La mentalisation est pour schématiser le fait de faire émerger les probables intentions , émotions, besoins qui se cachent derrière les actions d'autrui mais aussi les siennes propres . Les TBM , les thérapies basées sur la mentalisation empruntent à toute les approches thérapeutiques, de la psychanalyse aux thérapies cognito- comportementales ainsi qu'à la psychologie du développement et aux neurosciences.
Un défaut de mentalisation ouvre la voie à des états psychopathologiques entrainant des tempêtes affectives , des ruptures affectives brutales, et des comportements auto-destructeurs. Les TBM proposent un modèle de la communication humaine basé sur l'affirmation suivante: soutenir et renforcer le processus de mentalisation permet d'optimiser et d’éviter des souffrances psychologiques chroniques. Cette méthode thérapeutique encore confidentielle en France présente un intérêt et une efficacité indéniable.
Les TBM sont une synthèse des différentes approches cliniques d’où sa richesse mais aussi sa méthodologie avec par exemple des évaluations permanentes au cours de la thérapie.
La mentalisation est donc l'ensemble des processus imaginatifs permettant d'interpréter les comportements humains.
Les différentes etapes thérapeutiques.
Si nos pensées sont nos choix et donc nos actions elles ne représentent pas forcément la réalité.
Or nous avons tendance à penser que nos pensées sont la réalité. Ce que l'on nomme en TBM l'équivalence psychique.
Comme disait le philosophe stoïcien grec Epictete, précurseur des TCC ou thérapies comportementales et cognitives, " ce ne sont pas les choses qui posent problème mais l'interprétation que l'on en a". Les TBM empruntent aux thérapies comportementalo-cognitives, au modèle de Beck et de Seligman et aux distorsions ou erreurs cognitives dont les principales sont les suivantes : Inférence arbitraire : conclusion hâtive en relation avec un lien de cause à effet sans preuve valable. Ex: « Personne ne m’a téléphoné aujourd’hui, c’est que je suis pas quelqu’un de valable «
Abstraction sélective: lorsque la personne perçoit comme significatif un détail sans importance, et néglige l'aspect global. Ex: casser une assiette et avoir une promotion d'ordre professionnel le même jour, le déprimé ne prend en compte que l'assiette cassée.
Sur généralisation : à partir d ’un incident véritablement négatif, la personne généralise absolument toutes les situations et les applique au futur. Ex: ma copine m’a laissé tombé, je n'en trouverai jamais une autre.
Ne pas tenir compte des choses positives et au contraire maximiser le négatif : ex: J’ai eu une promotion, mais c’est vraiment sans importance (minimisation) car j’ai cassé mon stylo, et ça c’est un drame(maximisation)
Imprécision dans le choix des mots: La personne formule les idées en utilisant des mots négatifs et exagérés avec une sélection trop vague des mots, qui a pour conséquence de voir les choses de manière plus négatives qu’elles ne le sont vraiment.
Personnaliser: situation où la personne s’attribue les torts d'une situation négative ou alors se victimise. Ex: ça n'arrive qu'à moi!
Pensée dichotomique : la personne ne voit que deux options possibles: ou bien ce qu’elle veut mais ne peut pas avoir, ou la catastrophe. EX: si je rate mon examen ma vie est foutue.
Catastropher : Tout ce qui survient est perçu comme une catastrophe. La personne déprimée amplifie la tristesse qu'elle ressent. Dans le même ordre de chose , le déprimé projette sur le monde son mal être. Le monde va mal donc je vais mal plutôt que je vais mal donc je perçois uniquement ce qui va mal dans le monde.
La mauvaise mentalisation se fonde sur une mauvaise interprétation dont le raisonnement téléologique ou le monde mental n'est que la conséquence du monde physique comme par exemple , "si mon petit ami ne m'a pas téléphoné cet après midi c'est qu'il était avec son ex et donc il ne m'aime pas " Le patient a recours au monde physique et donc à l'action afin de parvenir à gérer ses émotions. Mais ses actions reposeront donc sur des assertions fausses d’où des erreurs répétées et une grande souffrance psychique au final.
Enfant , nous avons tendance à considérer que ce que nous pensons est vrai.
ex "j'ai un crocodile sous mon lit " .
Adulte , nous avons tendance aussi par une régression infantile à considérer que ce que nous pensons est forcément vrai. Nous y ajoutons, de plus , la somme de nos projections. Nous devons nous attacher non pas au "pourquoi" de ces pensées mais au "comment" du processus.
Un autre mode de mauvaise mentalisation est le "mode semblant" qui la aussi nous ramène à l'enfance " faire comme si" "pour de faux" "pour du beurre".
Le patient fait semblant souvent pour avoir l’approbation du psy. Il peut tenir des discours très élaborés.
il n'est pas dans "l'ici et maintenant" il est dans une surmentalisation qui tourne à l'intellectualisation et qui le coupe de ses émotions et donc de lui même ,présentant uniquement son masque social ou faux self , la "personna" de Jung . Ces personnages font preuve d'un discours élaboré et ont souvent une certaine culture "psy". ils présentent parfois ce que d'aucun pourrait appeler la jouissance du verbe et semblent avoir tout compris de leurs troubles. On les prends bien souvent pour des narcissiques à tort. La non reconnaissance du mode semblant se révèle particulièrement destructeur. Nombre de psychologues finissant même par considérer que le patient vu sa lucidité va mieux et que la thérapie est finie.
Les TBM reposent aussi sur une évaluation régulière de la qualité de la relation soignant-patient et sur la progression du traitement thérapeutique.
Une absence d'empathie , le mode semblant , un manque de similarité provoquent l’échec de la thérapie.
Les différentes étapes de la thérapie.
Les TBM proposent une évaluation diagnostique , en expliquant bien qu'un diagnostique peut évoluer dans le temps notamment avec les progrès divers de la science et l'évolution personnelle du patient. Il ne s'agit pas de ranger le patient dans une "case". Une psychothérapie doit être flexible, véritablement individuelle. Le patient n'est pas un "malade" mais un être humain , un semblable en souffrance.
La formulation.
- Établir une section thématique.
- Bref résumé de l'historique du patient.
- Compréhension que le patient propose de sa situation.
- Ses motivations pour entreprendre une thérapie.
- Les obstacles à la thérapie.
- Ses difficultés interpersonnel à deux et en groupe.
- Ses conduites auto-dommageable.
- Explications des bonnes usages de la mentalisation et psychologie positive.
Plan de crise.
- Signaux disponibles annonçant la crise.
- Qu'est que le patient peut faire?
- Qu'est-ce que l'entourage peut faire?
- Qu'est-ce que les services psychologiques peuvent faire?
- Exemples de crise.
- Identifier les sentiments et les émotions à l’émergence de la crise
- Les modifications comportementales avant coureur.
- les schémas de pensées : la topographie, les domaines émotionnels, comportementaux et cognitifs.
- identification des étapes qui aurait permis d'identifier la crise.
Stratégies.
- Perception d'autrui.
- Implication d'autrui dans la perception de la crise.
- Comportement à proscrire - Validité des stratégies 24h/24 7j/7 Tous le processus sera actualisé et modifié lors de la survenue de la crise en utilisant la psychopédagogie.
La crise signifiant aussi la dépression.
Le terme crise a un double sens , "crisis" qui nous vient du latin médiéval est qui signifie manifestation violente et brutal d'une pathologie et du grec "krisis" qui signifie jugement, décision.
La crise doit donc être perçue comme la crise à éviter au sens latin du terme , à prévenir mais si malgré tout elle se produit comme la crise selon l'éthymologie grecque comme un moment clé de volonté de changement , ce que Jung appelait , passer de la "volonté de réalisation de ses désirs à une volonté de réalisation de soi ».

Les deux ou trois premières séances porteront aussi sur le degré de mentalisation du patient, et en particulier sur l'axe du lien mentalisation-activation émotionnelle avec des tests portant sur la qualité de la mentalisation en rapport aux relations significatives du patient.
Il est important de se faire une idée des contextes menant à une perte de mentalisation.
Il faut éviter le piège du prêt-à-penser du patient qui donne l’impression d'une bonne mentalisation ou "déjà-pensé". Il s'agira donc de présumer de la qualité de la mentalisation en se fondant sur la polarisation de cette dernière, entre par exemple une hypersensibilité au stress qui perturbe facilement le patient et une retenue survalorisant le contrôle sur les pensées. Voilà donc dans les grandes lignes des TBM que je me propose de mettre en œuvre avec vous.

Qu'est-ce que la mentalisation? les thérapies basées sur la mentalisation ou TBM.
Average Rating: 4.6
Votes: 69
Reviews: 171